Togo et Bénin, janvier, février 2026






Dimanche 1 février

Programme du jour 11 :

Direction le royaume d'Abomey et ses palais royaux classés à l'UNESCO transformés en musées retraçant les différentes étapes de la monarchie depuis les années 1600 ainsi que l'histoire de la cérémonie des sacrifices humains.
Visite du village et du marché aux fétiches avec les gris-gris.






Passage par le bar de l'hôtel après la douche pour profiter du Wi-Fi 5 minutes et faire mes leçons de Duolingo.

Le Président actuel, Patrice Talon, né le 1er mai 1958 à Ouidah, finit son second mandat de 5 ans.
L’élection de son successeur aura lieu le 12 avril 2026, pour 7 ans.

Petit dej à 8h

La Chandeleur, c'est demain mais on a nos crêpes tous les jours (les miennes non préparées au rhum)

Après le check-out à 9h, on marche jusqu'à la Basilique Notre-Dame d'Arigbo.





La Basilique est immense, des centaines de places assises.







C'est un important lieu de pèlerinage.



Derrière la Basilique la Grotte Mariale

La grotte Notre-Dame d'Arigbo, inaugurée en 1954, attire chaque année en août des milliers de pèlerins catholiques.
Arigbo, c'est beau la vie.

Nous sommes malgré tout étonnés que l'extérieur soit en si mauvais état.

Aujourd'hui a lieu une messe rassemblant des dizaines de chorales.

On quitte Dassa-Zoumé vers 10h à bord de notre nouveau van.

Ayant à peine démarré qu'on se prend un PV pour ... excès de vitesse :)
Radar sur pied flashant au-dessus de 30 km/h.







On s'arrête quelques instants dans un champ de coton.
Une première récolte a eu lieu et une seconde est prévue.

De la fleur à la capsule à l'éclosion









Nous faisons un arrêt à Bohicon et son marché.







L'occasion de racheter des oranges pour les derniers jours.



Un petit cadenas à 40 cents.



La pharmacie et ses plantes médicinales

Et avec Geneviève, on se reprend une bouteille de rouge et des cacahuètes caramélisées.



On quitte le marché régional vers 12h45.

Direction Abomey à présent, à quelque 10 km.

Le centre administratif d'Abomey

Check-in Chez Monique peu après 13h.











Apéro après une douche (la balade sur le marché s'est faite sous une belle chaleur).



Au dîner, igname vapeur et oeufs brouillés + légumes.

Pause jusqu'à 16h avant de commencer nos visites des Palais Royaux.







Le palais du roi Agonglo, construit vers la fin du XVIIIe siècle (vers 1789), est l'un des principaux palais d'Abomey classé au patrimoine mondial de l'UNESCO.



Il servait à la fois de résidence royale, de centre politique et de lieu de cérémonies officielles du royaume du Dahomey.
Le palais est organisé autour de plusieurs cours successives, chacune ayant une fonction précise : la cour publique pour les audiences, des cours intérieures réservées au roi et à ses épouses, ainsi que des espaces dédiés aux rituels et aux autels vaudou.
Les murs sont décorés de bas-reliefs symboliques, racontant les exploits et le pouvoir du souverain.

Le site des palais royaux d'Abomey a été occupé par 12 rois principaux entre environ 1625 et 1900, soit près de 275 ans avant la colonisation française effective.
Autour du complexe, les descendants royaux se sont installés, et la localisation des habitations permet encore aujourd'hui d'identifier les lignées familiales.

Logodo, entrée principale.

La grande cour centrale, appelée Kpododji, était le lieu des cérémonies officielles, des libations et des offrandes aux ancêtres et aux divinités vaudoues, notamment à Ayizan, divinité liée à la terre, à la protection et aux marchés.

Les palais sont décorés de bas-reliefs, qui ne sont pas des armoiries au sens européen, mais des symboles royaux racontant les exploits, le pouvoir et les événements marquants de chaque règne.



On trouve également une salle d'audience, où le roi recevait ses sujets, ambassadeurs et visiteurs, ainsi que des espaces réservés à ses épouses et à sa famille royale.
Chaque roi pouvait avoir plusieurs dizaines d'épouses (souvent entre 40 et 100) et donc de nombreux enfants, renforçant les alliances politiques.
Le nouveau roi héritait effectivement d'une partie des épouses de son prédécesseur, sauf celles considérées comme symboliquement liées à son père ou trop âgées.

Le roi Agonglo qui a règné 1789–1797 a fait construire deux palais
- son palais principal (où nous nous rendrons en fin d'après-midi), comme tous les rois du Dahomey.
- un « second palais » qui est en réalité un ensemble incluant son mausolée et des espaces rituels, dont l’aménagement s’est poursuivi après sa mort, par ses successeurs, conformément à la tradition fon.
Le roi initie son complexe, mais le mausolée est finalisé après le décès.

Les palais comprenaient aussi des espaces de contrôle des visiteurs, des temples vaudou, notamment dédiés au serpent Dan, symbole de continuité et de pouvoir, ainsi que des ateliers artisanaux, dont le centre de tissage royal, produisant des étoffes symboliques.





L'art du tissage se transmet de génération en génération dès l'enfance.





Le roi se déplaçait à l'extérieur du palais dans un hamac royal porté par des serviteurs, car il était considéré comme un être sacré dont le contact direct avec le sol était limité dans certains contextes.

Le territoire devient la colonie française du Dahomey en 1894, Danxome a été renommé car il était trop difficile à prononcer.

Le pays adopte officiellement le nom de République du Bénin en 1975, sous le président Mathieu Kérékou, soit 15 ans après son indépendance.

Temple vaudou honorant le dieu Dan.

Le baobab sacré

dans lequel sont plantés des petits piquets afin de voir son voeu se réaliser.
Des offrandes sont apportées aux esprits.
On retire le petit pieux une fois le souhait exaucé.

Deux irokos sacrés derrière la seconde cour de tissage.

En route pour le marché aux gris-gris.

Ce marché aux déités, aux fétiches et grigris est destiné à la résolution des problèmes humains.
Tout ce qui nous entoure, tout élément a un esprit, une valeur, pour nous guérir, nous protéger.
Ils peuvent nous apporter un bienfait pour nous élever, augmenter notre spiritualité.

Cet endroit est aussi une pharmacie, une "ordonnance" étant donnée par un chef/prêtre vaudou.
On se procure donc toute sorte de poudre ou amulette contre les mauvais esprits.



Ces animaux séchés et/ou vidés servent aux offrandes et prières lors des cérémonies vaudoues.













Passage devant un Temple vaudou des eaux douces et de la malformation.
Il est dédié aux enfants malformés à la naissance et un rituel a lieu à leur décès.

Le nouveau marché que nous visiterons plus tard.

Nous terminons par l'un des secteurs les plus sacrés du complexe royal, où plusieurs structures sont encore utilisées pour des rites et restent sous l’autorité des descendants et des autorités traditionnelles.

Palais de Guezo (règne 1818–1858)





Palais officiel d'Agonglo



Palais du Roi Glele (1858–1889)







On passe également devant le Palais du Roi Agoli-Agbo (1894-1900), le dernier roi d'Abomey.





Ce monument a été construit pour rendre hommage à la mémoire de quatre soldats étrangers (trois Allemands et un Belge) qui se sont battus aux côtés des soldats du Dahomey contre l'armée coloniale française entre 1891 et 1892.
La France avait perdu un canon lors d'une bataille antérieure, et ces étrangers ont montré aux soldats du Dahomey comment l'utiliser.
Le monument est fait du même type de terre crue que les palais royaux d'Abomey et est décoré de bas-reliefs, y compris des images de canons et des croix.





Les chauves-souris sont en quête de nourriture au crépuscule.

Il y a trois espèces de chiroptères au Bénin : les roussettes, les pipistrelles et les vampires.

Apéro peu avant 20h

Frites à l'huile de coton, poisson, légumes et un verre de vin rouge.



Lundi 2 février

Programme du jour 12 :

Visite des palais et découverte d'un village avec initiation à la fabrication des poteries.

Tri des photos sous la paillote en attendant le petit déjeuner.



Sempiternel petit déjeuner, crêpes au cacao et jus d'oranges pressées et pain, mais c'est très bon :)

Petit tour dans la belle propriété de Chez Monique, sculptures, masques accrochés aux arbres et ...









Les Rois du Dahomey

1. Dakodonou
(naissance inconnue - mort v. 1645) | Règne : v. 1620-1645
Emblème : le tambour - autorité et pouvoir sonore.
Souvent considéré comme le véritable fondateur politique du Dahomey, il structure Abomey avant Houegbadja.

2. Houegbadja
Règne : v. 1645-1685
Emblème : le poisson dans la nasse - ruse fondatrice.
Il consolide la capitale Abomey et il structure le pouvoir royal et les premières institutions.
Il pose les bases politiques et religieuses de la monarchie.

3. Akaba
(? - 1685) | Règne : 1685
Emblème : le sanglier - bravoure guerrière.
Roi conquérant, il poursuit l'expansion territoriale du royaume, mort prématurément lors d'une campagne.

3.1 Hangbè (reine)
Règne : 1685-1708 (contesté)
Emblème : identique à celui d'Akaba - continuité du pouvoir.
Sœur jumelle d'Akaba, elle règne après sa mort, possiblement déguisée en homme.
Son règne est effacé des récits officiels ultérieurs pour des raisons politiques et patriarcales.
La reine Hangbè est aujourd'hui reconnue par de nombreux historiens comme une souveraine légitime, longtemps effacée pour préserver une lignée masculine continue.

Elle met en place un corps de femmes armées pour assurer la sécurité du palais et la stabilité du royaume durant une période de transition politique.
Créées initialement comme gardes du corps royales (chasseuses d'éléphants), les Agodjié se sont professionnalisées en armée permanente, comptant jusqu'à 6 000 femmes au milieu du XIXe siècle.
Elles se nommaient Mino (ou Minon), signifiant "nos mères" en langue fon.
Réputées pour leur courage, discipline et féroce habileté au combat rapproché, elles étaient entraînées à ne ressentir aucune pitié.
Elles constituaient une partie essentielle de l'armée du Dahomey, jouant un rôle clé dans les conquêtes et la défense du royaume.
Symbole de force et d'émancipation, elles ont inspiré des œuvres de fiction comme The Woman King.
Une statue imposante (30 mètres) a été érigée à Cotonou en leur honneur.
Ces guerrières ont combattu avec bravoure, notamment contre l'armée française, qui les ont appelées "Amazones du Dahomey", avant de voir leur régiment décimé à la fin du XIXe siècle.

4. Agadja
(v. 1673 - 1740) | Règne : 1708-1732
Emblème : le navire européen - accès à la mer.
Il conquiert Allada et Ouidah, ouvrant le Dahomey au commerce atlantique.
Le roi Agadja transforme le groupe des Agodjié en une institution militaire officielle, intégrée à l'armée du Dahomey.
Elles deviennent alors une armée féminine permanente, recrutée dès l'adolescence et soumise à une discipline très stricte.

5. Tegbessou
(v. 1715 - 1774) | Règne : 1732-1774
Emblème : le buffle - puissance centrale.
Il institutionnalise la traite négrière comme pilier économique.

6. Kpengla
(? - 1789) | Règne : 1774-1789
Emblème : l'oiseau rapace - domination.
Il impose un contrôle strict sur le commerce et les vassaux.

7. Agonglo
(? - 1797) | Règne : 1789-1797
Emblème : l'ananas - ouverture.
Il tente d'assouplir la politique commerciale, ce qui provoque son assassinat.

8. Adandozan
(v. 1774 - 1860) | Règne : 1797-1818
Emblème : la hyène - ruse et cruauté.
Renversé par son frère Guézo avec l'appui de négociants européens.

9. Guézo
(v. 1785 - 1858) | Règne : 1818-1858
Emblème : le buffle - force maîtrisée.
Réforme l'armée (Amazones) et négocie avec les Européens (la France et l'Angleterre).
Débuts des pressions coloniales françaises.

10. Glèlè
(v. 1830 - 1889) | Règne : 1858-1889
Emblème : le lion - royauté.
Il résiste aux influences européennes et maintient une politique guerrière.
Relations de plus en plus tendues avec la France.

11. Béhanzin
(v. 1845 - 1906) | Règne : 1889-1894
Emblème : le requin - puissance sans compromis.
Mène la résistance armée contre la France, il est vaincu et exilé.

12. Agoli-Agbo
(v. 1864 - 1948) | Règne : 1894-1900
Emblème : le caméléon - adaptation.
Roi sous tutelle française, sans souveraineté réelle, il sera remplacé par la colonie française.


Départ 9h30 pour le village Agbangnizoun









qui comme beaucoup de villages aux environs sont spécialisés dans la poterie.

Ils ont gardé un procédé archaïque pour façonner leur céramique.

Les hommes vont chercher l'argile et la vendent aux femmes.

Première étape : casser les pierres et obtenir du sable.

Tamiser

Malaxer et pétrir avec de l'eau









Il faudra ensuite laisser son oeuvre sécher au soleil pendant 5 heures.

En voici 2 qui sont préparées pour nous après un tour dans le village.





Le puits du village

Un autel vaudou pour Ogou (ou Ogun) la divinité du fer, protectrice des cultivateurs et des conducteurs.

La religion Yoruba, est une foi traditionnelle d'Afrique de l'Ouest (Nigeria, Bénin, Togo) fondée sur le culte d'un dieu créateur suprême, Olódùmarè/Olorun, et la vénération des Orishas, esprits incarnant des forces de la nature et ancêtres divinisés.
Elle se caractérise par des rituels de chants, danses et offrandes pour maintenir l'équilibre cosmique.

Les feuilles de cette variété de yucca sont utilisées contre la toux.

Les feuilles de cette espèce d'acacia sont elles utilisées contre le paludisme.

Eucalyptus mentholé pour soigner les jeunes enfants.

Huile de palme rouge

Ils achètent du bois pour la cuisson.

Les poteries sont revendues en lot (400 francs) pour être distribuées sur les marchés ou dans des échoppes (environ 1000 francs).



Un passage à l'école à la rencontre d'une classe d'enfants de 12-13 ans.





La cantine dans la cour de l'école.



Un autre puits profond d'une cinquantaine de mètres.

On revient pour assister à une des dernières étapes pour les poteries qui ont séché quelques heures.

Grattage de la latérite, façonnage du globe, raclage de l'intérieur et finir en apposant son motif à l'aide d'un ressort.

La dernière étape est la cuisson.

On quitte le village peu avant midi.







On refait un crochet pour observer les dizaines de chauve-souris dans cet arbre.







Retour Chez Monique.

Marcel prépare le repas.

Ce sont ses filles qui ont repris la gérance, Monique étant décédée il y a 3 ans.

Non, elle n'est pas tombée dans la fosse à crocos !

Un bon plat de crudités.

Re-belote avec Gene :) pendant la pause d'après dîner.

On repart pour nos visites à 16h.



Palais du Roi Akaba

Il tua le chef des autochtones "Dan" et, sur la tombe de ce dernier, il bâtit sa maison "Dan-Home" signifiant "dans le ventre de Dan" - Danxomè en fon (devenu plus tard Dahomey).

Sa soeur jumelle Hangbé a pris sa succession, celle qui a fondé l'armée des Abodjié.

Rapide vue sur la grande cour du palais.

On continue vers d'autres palais.



On s'arrête au Palais Huegbaja (père d'Akaba) régnant en 1645-1685, fondateur du royaume du Dahomey et d'Abomey.

Son symbole est le poisson échappant à la nasse.

Construit au XVIIe siècle, il est l'un des premiers édifices de l'ensemble des palais d'Abomey.

Dans ce temple, se trouve une pièce ronde où l'âme du roi repose.

Ce n'est pas son mausolée.

Ici aussi nous avons deux palais communiquant.



Le palais administratif du roi Agadga

Ce palais est devenu une salle d'exposition

















En face, un petit marché d'artisans.

On passe par le Grand Marché moderne (datant du début 2020)



Puis, on marche jusqu'à la Cathédrale Saint Pierre-Paul d'Abomey



Construite au début du XXe siècle (consacrée en 1902) par les missionnaires catholiques français, elle est l’un des principaux symboles de l’implantation du christianisme après la conquête coloniale.

Située près des palais royaux, elle se distingue par son architecture sobre en brique rouge et témoigne de la coexistence entre la tradition chrétienne et les cultes vaudous historiques d’Abomey.



La Place Goho est l'un des lieux historiques les plus symboliques du Bénin, car elle marque la fin du royaume du Dahomey et le début de la colonisation française.
C'est ici que, le 17 novembre 1894, le roi Béhanzin, dernier grand roi indépendant du Dahomey, accepte officiellement de cesser le combat face à l'armée française, menée par le général Alfred Dodds, mettant fin à plusieurs années de guerre.





Au centre de la place se dresse sa statue, inauguréee en 2006, représenté debout, torse droit, regard fier, souvent accompagné de ses symboles royaux.
Elle rend donc hommage à sa résistance contre la colonisation française (1890-1894) et à son rôle de défenseur de la souveraineté du Dahomey avant de s'enfuir.

Avant de rentrer, on passe devant un autre Temple pour les enfants malformés.
Chaque dynastie construisit un temple, ce qui explique leur nombre cà et là dans la région.

Retour à l'auberge vers 19h, au menu du soir : riz, tofu, poisson, blette et sésame

Ananas et pains perdus, de quoi "retrouver" encore de l'appétit.



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Mich