Madagascar, octobre 2025




Mercredi 22 octobre

Un bon jus d'oranges et des pains au chocolat pour débuter la journée.

On démarre vers 9h à bord d'une 4L (bel ancêtre tout pourri aussi :) mais ça roule).





L'autoroute entre Ivato et l'aéroport fait du bien.

On suit la route amenant à la périphérie nord-ouest de Tana.

Marécages

Rizières immenses

Fabriques/fours de briques destinées à la vente.



On passe par le grand marché de la digue.



Première étape de la journée, le Lemurs'Park.

Le parc a été inauguré en 2001.

La réserve a une superficie de 5000 ha.

La rivière sert de limite naturelle car les lémuriens n'aiment pas l'eau.



Nids d'ombrette

Kalanchoe beharensis ou Kalanchoe oreilles d'éléphant

Les baobabs poussent de 8 cm par an.
Ceux-ci ont 20 ans. Cela confirme bien que les baobabs de Morondava sont pluricentenaires.

Baobab bain ou pied d'éléphant

Cette partie du parc a été reboisée avec des arbres et plantes endémiques du sud de Madagascar.



Arbre du voyageur, ses tiges sont remplies d'eau, permettant aux voyageurs perdus de ne pas mourir de soif.



Propithecus coronatus

Bamboo lemur (Hapalemur)







Macaco femelle

et mâle



Vari noir et blanc

Ces lémuriens proviennent de la partie est de Madagascar.

C'est la seule espèce qui donne 2 à 4 petits par portée.



Ils sont aussi les seuls à se fabriquer un nid.





Sifaka ou propithèque de Coquerel (propithecus coquereli)











Maki ou lemur cata (lémurien chat)

Ils sont reconnaissables à leur queue annelée à 14 bandes noir et blanc















Tortues radiées

Les petites tortues ont une quinzaine d'années et les grandes, 40 ans.
Elles peuvent vivre jusqu'à 150 ans.

On quitte le parc vers 12h15.



On continue un peu sur la RN 1

pour aller dîner dans une gargotte très locale qu'Anja apprécie.

Langue de zébu, riz, bouillon et brede petsay. (1.70 €)

Après notre rapide dîner au Safoko Gasy, on repart sur la nationale 1 pour revenir vers le centre de Tana.

Retour vers la ville













Monument de l'Ange Noir au milieu du Lac Anosy



Arrêt photo en face de notre destination, on se rend au Palais de la Reine.

On monte au sommet de Tana

et nous arrivons au Palais de la Reine ou Rova Manjakamiadana





Un peu d'histoire...

Les Vazimbas sont considérés comme les premiers habitants de Madagascar, d'origine austronésienne, installés dès le premier millénaire.
Au fil des siècles, ils furent peu à peu repoussés ou assimilés par de nouveaux arrivants venus d'Afrique et d'Asie, notamment les Merina, Sakalava, Betsileo et autres peuples malgaches.
Leur disparition progressive, vers le XVe-XVIe siècle, marque la fin des sociétés claniques primitives et le début des royaumes structurés.

Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, l'île se morcelle en plusieurs royaumes : les Sakalava à l'ouest, les Betsimisaraka à l'est, les Antemoro au sud-est, et surtout les Merina sur les Hautes Terres centrales.
Ces royaumes commercent, s'allient, mais se livrent aussi à des guerres de territoire et d'influence.
C'est au XVIIIe siècle qu'émerge un roi visionnaire : Andrianampoinimerina

Rois et Reines de Madagascar

Premier ministre Rainilaiarivony (1828-1896)

Né à Ilafy dans une famille aristocratique, Rainilaiarivony est le fils du général Rainiharo, ancien Premier ministre et époux de la reine Ranavalona I.
Intelligent, instruit et fin stratège, il gravit les échelons de l'administration et devient à son tour Premier ministre en 1864, après le coup d'État qui renverse les partisans de Radama II.
Durant plus de 30 ans (1864-1895), il dirige en réalité le royaume, tandis que trois reines se succèdent sur le trône :
- Rasoherina (1863-1868), qu'il épouse en 1864 ;
- Ranavalona II (1868-1883), qu'il épouse ensuite ;
- Ranavalona III (1883-1896), dernière souveraine qu'il épouse en 1883.

Son rôle dépasse largement celui d'un simple conseiller : il réforme la justice, l'armée et l'administration selon un modèle européen, encourage l'éducation et le christianisme, tout en cherchant à préserver l'indépendance du royaume face aux pressions françaises et britanniques.
Lorsque la seconde guerre franco-malgache éclate en 1895, il tente encore de négocier, mais les troupes françaises prennent Antananarivo.
La reine est destituée et Madagascar devient un protectorat.
Rainilaiarivony, accusé de résistance, est exilé à Alger, où il meurt en 1896, quelques mois seulement après la chute du royaume.

La Guerre franco-malgache ...

Les Portugais accostent l'île en 1500 et l'appellent São Lorenzo (Saint Laurent).
Peu après, les Hollandais et les Anglais l'utilisent eux aussi comme escale de ravitaillement sur la route des Indes.

Les Français déclarent "prendre possession de l'île entière", mais leur souveraineté ne dépasse guère le comptoir ouvert à la pointe sud en 1643.
Cet établissement français est abandonné en 1674 et, jusqu'en 1720, les seuls Occidentaux à fréquenter la Grande Île sont des pirates et des flibustiers.

En 1883, la France lance une première expédition militaire contre le royaume merina, qui dominait alors l'île depuis Antananarivo.
Les tensions s'enveniment jusqu'à la seconde guerre franco-malgache en 1895, opposant les troupes merina, dirigées par la reine Ranavalona III et son Premier ministre Rainilaiarivony, aux forces françaises décidées à imposer leur protectorat.
Sous le gouvernement du président Félix Faure et du ministre des Colonies André Lebon, l'expédition est commandée par le général Duchesne.
Après une marche éprouvante depuis Majunga, marquée par la maladie et de lourdes pertes, les Français prennent Antananarivo en septembre 1895.
La reine est maintenue sur le trône sous tutelle, mais dès 1896, Madagascar devient colonie française.
Le général Joseph Gallieni, nommé résident général, applique une politique de "pacification" mêlant répression et modernisation : il réorganise l'administration, renforce l'emprise économique française et réprime les résistances locales.
La monarchie est abolie, et Ranavalona III est exilée successivement à La Réunion puis à Alger, où elle meurt en 1917.

La colonisation transforme profondément le pays : construction d'infrastructures, centralisation du pouvoir, et mise en valeur agricole (vanille, café, épices) au profit de la métropole, souvent au prix d'un contrôle social strict.
Plusieurs soulèvements marquent cette période, notamment celui de 1897, puis la grande insurrection de 1947, violemment réprimée, faisant des dizaines de milliers de morts.
Après la Seconde Guerre mondiale, le mouvement nationaliste malgache s'amplifie, menant à une autonomie progressive, puis à l'indépendance proclamée le 26 juin 1960.

Les premiers présidents (1960-1975)
Après l'indépendance en 1960, Philibert Tsiranana devient le premier président de Madagascar.
Instituteur d'origine modeste, il instaure une république proche de la France et prône la continuité avec l'ancienne puissance coloniale.
Son régime stable au début devient de plus en plus critiqué pour son immobilisme, jusqu'à sa chute en 1972.
L'intérim est assuré par le général Gabriel Ramanantsoa, puis par le colonel Richard Ratsimandrava, assassiné en 1975 après seulement quelques jours au pouvoir.
Ce climat d'instabilité ouvre la voie à un nouveau régime.

La Deuxième République (1975-1993)
Didier Ratsiraka, officier de marine, prend le pouvoir en 1975 et instaure un régime socialiste inspiré du bloc soviétique.
Surnommé "l'Amiral rouge", il nationalise l'économie et rompt avec l'Occident.
Son autorité dure près de 20 ans, jusqu'à l'ouverture démocratique du début des années 1990.

Les présidents de la transition et de la démocratie (1993 - aujourd'hui)
Le retour au multipartisme voit l'élection du professeur Albert Zafy (1993-1996), puis le retour de Ratsiraka (1997-2002).
En 2002, une crise post-électorale oppose Marc Ravalomanana à Ratsiraka, et Ravalomanana finit par gouverner jusqu'en 2009.
Un nouveau coup d'État porte Andry Rajoelina au pouvoir (2009-2014), avant le retour d'un régime civil sous Hery Rajaonarimampianina (2014-2018).
Rajoelina revient ensuite sur la scène politique et est réélu président en 2018, puis reconduit en 2023 après une nouvelle élection.
En octobre 2025, le président sortant Andry Rajoelina a été renversé à la suite de semaines de manifestations de jeunes (le mouvement "Gen Z") qui dénonçaient les coupures récurrentes d'eau et d'électricité et la corruption.

Le 14 octobre 2025, l'unité militaire d'élite CAPSAT, dirigée par le colonel Michael Randrianirina, annonce qu'elle prend le pouvoir et suspend plusieurs institutions de l'État.

Le 17 octobre 2025, Michael Randrianirina est officiellement investi "président de la Refondation de la République de Madagascar" par la Haute Cour constitutionnelle.
Il s'engage à organiser des élections dans un délai de 18 à 24 mois...



Tombeau des Reines (sur la gauche)
Cette maison en bois au toit a quatre pans, aux portes et fenêtres vitrées, fut érigée par James Cameron en 1868 pour abriter la dépouille mortelle de Rasoherina.
Elle accueillit les cendres de Ranavalona Ière et de Ranavalona II le 15 mars 1897 puis celles de Ranavalona III rapatriées d'Alger en 1939.

Tombeau des Rois (sur la droite)
Cet édifice en pierre de 9 m de côté et 3 m de haut, coiffé d'un toit de tuile fut construit en 1828 par Louis Gros pour recevoir la dépouille de Radama Ier.
En mars 1897, Gallieni y fit transférer d'Ambohimanga les cendres d'Andrianampoinimerina, et d'Ilafy celles de Radama II.





Stade national - Barea signifiant les Zébus, surnom donné aux joueurs bien évidemment.



L'église protestante du temple d'Anatirova fut construite en 1869 sous le règne de Ranavalona II, première souveraine malgache à se convertir officiellement au christianisme.







Palais de Justice





Palais du premier ministre.

On quitte la haute ville juste avant 16h.

On s'arrête cependant quelques minutes plus tard à La Glacerie, nouvel établissement que souhaitait tester Anja.

Je n'allais certainement pas dire le contraire.

Il va retenir l'adresse, c'était délicieux.

On passe près de la gare, au bout de l'avenue de l'indépendance

pour quitter Tana et un trafic dense.

Une grosse pluie nous accompagnera jusqu'à la ferme ...



où nous rentrons vers 17h30 et qui est plongée dans le noir suite à une coupure de courant.

L'électricité revient juste pour l'apéritif, qui était au courant ?
Vin rouge australien que je voulais lui faire découvrir et chips de manioc.





Jeudi 23 octobre

Fin des aventures et de la découverte de Madagascar.

Petit déjeuner avec un bon jus d'oranges et des pains au chocolat derechef.

Mon vol retour décolle à 14h50.
Anja décide d'organiser un brunch tous ensemble vers 11h.
On sort faire les courses au village d'Ambohitrandrimananjaka, à 3 km. (le temps de le dire, on est arrivé)









Poulet tout frais.

On va goûter la Gold 8%, pour finir en beauté.

Des légumes, tomates, pain et oeufs.



On revient en jeep, ramenés par une de ses connaissances, travaillant au Corps de Paix américain.

Il est 9h30, jamais trop tôt pour l'apéro.



Jean-Frédéric dit Alphonse a préparé le trou afin que je puisse planter un arbre et laisser un souvenir de mon passage.

Je vais planter un palissandre avec émotion, symbole de ce superbe séjour et de cet inoubliable accueil.













Ony et Anja au gril

On passe à table vers 11h30.

Brochettes de poulet, salade de tomates, oeufs mimosas, riz frit aux légumes et un bon vin rouge, un excellent dernier repas tous ensemble.

Mes au revoir à Anja et à ses proches, très émouvant.
J'ai gommé la larme à l'oeil et ça n'était pas des larmes de crocodile.

Anja a appelé un de ses amis pour m'amener à l'aéroport de Tana vers 12h30.



Embarquement bien en avance peu avant 14h.

Tactique du fond de l'avion à nouveau payante ;)

Décollage à l'heure, 14h50.

C'est parti pour le premier vol d'une durée de 4h30 avec l'escale à Addis Abeba.





Bien arrivé en Éthiopie, escale pendant laquelle je peux continuer mon reportage

avant le vol suivant pour ... Londres.

Vol de nuit durant 8 heures et 15 minutes - j'aurai dormi bien allongé sur 3 sièges, rebelote.

Réveil 1h30 avant d'arriver, pour le petit déjeuner.

On atterrit à Heathrow vers 7h, transfert du Terminal 2 au Terminal 5 en bus.



En Angleterre, longue escale mais je serai bien installé aussi pour boucler le récit de ces merveilleuses aventures malgaches.

Le vol Londres -> Amsterdam décolle à 14h30 pour arriver à 16h50 (heure locale, soit 1h20 de trajet).



Mais ouiiiii, la valise ne s'est pas perdue en chemin !

J'attends la navette pour me ramener au Ramada by Wyndham et récupérer ma voiture au parking.



Ainsi se terminent 3 merveilleuses semaines à Madagascar.
Une première partie de découvertes de ces décors superbes (rizières, paisible fleuve, montagnes et pics tranchants, villages dont l'atmosphère nous est totalement inconnue, d'impressionnants baobabs, des animaux sensationnels).
Une deuxième partie sur des îles paradisiaques avec Nosy-Bé et Nosy Iranja, les fantastiques réserves naturelles, les lacs, les cascades et les plages de sable blanc.
Un dernier chapitre en immersion dans l'éco-ferme d'Anja où il a eu la gentillesse de m'accueillir et qui fut le point de départ de très belles visites.


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Anja, Mich